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Petite histoire incomplète d’un Rétro-Viseur…

Pierre Vaast

Voilà pas qu’il veut me refaire crapahuter du stylo (de l’ordinateur !) le Dominique Laronde. Pour sa revue La Grappe. Heureusement qu’il ajoute : « On a décidé de t’accorder un page pour présenter Rétro-Viseur ». Tant mieux. Un page, ça me suffit amplement. Parce que tu crois pas que je vais en faire plus, Dominique ! Je ne suis pas le genre à me pencher sur les années défuntes. C’est passé et bien passé. On passe à autre chose. Rétro-Viseur ? Dans les oubliettes de la petite histoire de la poésie. N’ayez crainte, je vais pas vous faire le coup de Georges Pérec : « Je me souviens…. » Pourtant bien pratique lorsqu’il s’agit de se souvenir. Et comptez pas sur moi, pour être lyrique « C’était le bon temps ! On était jeunes et beaux. On voulait transformer le monde, et créer une école poétique.» Je n’ai jamais cru que le monde était amendable et je n’ai jamais aimé les écoles. Je vais être forcément partial et subjectif… Rétro-Viseur, ça part d’une amitié qui se transforme en aventure et en brisure.

Bon, je fais un petit effort (parce que c’est toi Dominique !). Rétro-Viseur, déjà avec une faute (originelle, c’était conscient). Rétroviseur s’écrit sans trait d’union. Pour les intégristes de l’orthographe ! Un rétroviseur pour regarder en arrière le petit monde bien-pensant des poéteux nombrilistes qui s’agitent dans leur chapelle en croyant qu’ils sont indispensables à la société (et à la poésie). Qui vont et viennent d’une revue à l’autre, d’un marché de la poésie à l’autre, d’une soirée poétique à l’autre avec leurs petites plaquettes géniales (le plus souvent autoéditées) dans les mains. Avec leurs rêves d’un autre monde, plus humain, plus écolo, plus fraternel, un monde de concorde universel, mais qui dans leur vie quotidienne sont le plus souvent en contradiction avec les valeurs (un mot à la mode !) qu’ils prônent dans leurs écrits.

Un titre, comme un gag au début (je ne l’ai jamais trouvé bon) parce que le format était celui d’un rétroviseur. Et que j’envoyé dans mon courrier gratuitement. (Sauf contre des timbres pour ceux qui voulaient avoir l’incommensurable plaisir de le lire tout au long de l’année.) Si bien que je recevais des demandes de renseignements ou de documentation pour des bagnoles, des camions et même des chars d’assaut. C’était bien la preuve que je faisais fausse route. Je déteste les bagnoles et encore plus les chars.

Première époque donc du n° 1 à 14. Naissance en octobre 1984. Un petit canard mensuel ronéoté, format lettre, envoyé dans mon courrier contre des timbres postes. C’était rigolo. Parce que du courrier, quand t’es revuiste, en veux-tu en voilà, c’est fou ce que les poètes peuvent vous écrire : « Il est beau le poème que je t’envoie, hein ? » Avec Jean-Pierre Nicol (un poète fada de chanson française), Jean-Claude Dubois (un as de la critique de plaquettes), Hervé Lesage (un roi de la mise en page). Ça plaisait pas trop à Hervé, cette histoire de timbres, ça ne faisait pas sérieux pour les autorités officielles, on ne pouvait pas obtenir le n° de CPPAP qui permettait de réduire les frais d’envoi. Fallait évoluer.

Deuxième époque. Format A5 du n° 15 à 54 bimestriel. Que je ronéotais. Des nuits entières avec ma dudu à manivelle (un duplicateur à stencils que je perforais avec une machine à écrire) puis avec ma dudu électrique (parce que j’avais des tendinites dans les bras !). C’était fou. Délirant. Névrotique. Alain Lemoigne et Bernard Desmaretz viennent s’ajouter à l’équipe. À peine un numéro paru, qu’arrivait le suivant. Et le samedi, réunion (avec les compagnes respectives…) Une ronde autour de la table pour la reliure. Partie de plaisir. Anecdotes. Rigolade. Et un gueuleton, arrosé de Champagne (souvent offert par Alain Lemoigne entre autres.) Ici je ne peux pas m’empêcher de rendre hommage à ma Bibiche (Brigitte). C’est qu’elle nous en a concocté des repas : j’ai pas compté, au bas mot : une bonne centaine… (On allait aussi chez l’un ou l’autre). Mes enfants (Julien et Céline) participaient en préparant l’apéro ou le dessert. Ils naviguaient dans un bouillon de culture. C’est un moment fort de leur enfance. Ils m’en reparlent souvent…

Troisième époque. Format magazine trimestriel jusqu’au n° 114 (décembre 2009). Hervé nous présente une nouvelle maquette. Impression chez un imprimeur. Paul Roland intègre l’équipe. Nombre d’abonnés : quelque 250. On tire à 300 exemplaires. Moi j’en pouvais plus. Au bord du suicide ! Et puis professionnellement je passe un concours de l’Éducation nationale (cf. bio). Nouvelle fonction qui engloutit tout mon temps. Mais pourquoi ne pas l’avouer : lassitude aussi du revuiste, comme l’impression vertigineuse d’en n’avoir jamais terminé. Alors je cède bien volontiers et avec soulagement ma place de directeur de la publication (bof !) à André Campos-Rodriguez (mais la greffe ne prendra pas !) puis à Bernard Desmaretz. Qui nous quitte brutalement pour le paradis des poètes le 21 décembre 2006. Parce qu’il avait un cœur gros comme ça ! On aurait dû arrêter à ce moment-là. On a continué… par fidélité à Bernard. Mais divergences, discussions, distorsions, crispations. Sans Bernard qui savait si bien temporiser et calmer le jeu. Quelle orientation prendre ? Je sentais bien que l’aventure devait s’arrêter ! Je l’ai écrit clairement dans mes lettres à un jeune revuiste (parues en 1994) au chapitre « De la chute » : « Quand t’es revuiste, faut savoir crever avec panache, en beauté sur le champ de bataille de l’inutilité. Couler en capitaine. Écrire le mot « fin » sans regret. […] D’autres revuistes prendront la relève en créant leur revue. Quant à moi, je passe à autre chose ! Je ne suis pas indispensable à la poésie. Elle me survivra ! »


Mini-biobibliographie par Pierre Vaast

Comment « faire simple » quand on a déjà pas mal de printemps derrière soi. Il est vraiment exigeant, le Dominique Laronde ! Bon je cède, parce que c’est lui. Je suis un enfant du demi-vingtième siècle. Facile pour compter mon âge. Un enfant du baby-boom, donc un vieux du papy-boom (avec cinq petits-enfants : je ne m’ennuie pas !). Né au bord d’un terril (classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, pas grâce à moi !) dans le grand nord. Bienvenue chez les chtis ! La région la plus polluée de France, où le nombre de chômeurs est le plus élevé, où l’espérance de vie est inférieure de trois à quatre ans à la moyenne nationale. Une terre de gauche qui vire au bleu marine. La honte. L’écœurement… La faute à qui ?

Université de lettres de Lille jusqu’à la maîtrise. Je croyais naïvement qu’on allait m’apprendre à écrire. Voyez le résultat ! On me faisait gloser sur les grands auteurs. Mais jamais on m’a enseigné comment écrire un poème, un article ou un récit. Un jour je me suis dit : « Pierre, si tu veux écrire, tu prends un stylo (une machine à écrire) une feuille et tu écris… » Concours de l’Éducation nationale. École normale (nationale d’apprentissage) donc prof de lettres (-histoire) en lycée professionnel. Découverte du monde du travail : je trouve que tous les profs devraient faire des stages dans des entreprises (surtout ceux qui adorent le grec et le latin !) Formateur (du temps où les profs étaient encore formés). Et reconcours : inspecteur de l’Éducation nationale (lettres) dans l’académie de Lille. Jusqu’à la retraite en 2011.

Je suis un touche-à tout. Toutes les formes d’écriture m’intéressent. Je ne vais pas citer tous les titres de mes bouquins. Une soixantaine. Ce serait fastidieux et ça fait prétentieux. J’ai commencé par des recueils de poèmes à Rétro-Viseur ou en tant qu’auteur-éditeur comme avec les lettres à un jeune revuiste. Et comme j’étais prof de français, j’ai publié en collaboration avec des collègues des manuels chez les éditeurs Fernand Nathan et Hatier. Puis j’ai créé ma propre maison d’édition : Les éditions P.V. (Pierre Vaast) où je publie tous les livres que j’ai envie d’écrire : des livres scolaires encore comme les Outils d’analyse littéraire (un best-seller !) , ou je lis douze fables de La Fontaine… mais aussi de petits romans ou des recueils de nouvelles pour mes élèves adolescents (ils avaient entre 15 et 18 ans) ou encore des essais comme La poésie M’sieur ça sert à rien qui traite de l’enseignement de la poésie. Ou encore des récits de vie : le dernier sorti s’intitule Hubert, mort pour la France (en 1916). Je raconte les deux années de guerre de mon grand-père paternel disparu à Verdun. (Catalogue sur simple demande !) Pour l’heure, je travaille à un cahier de lecture à destination des élèves de lycée professionnel : « Je lis Vous subissez des pressions » de David Pujadas, le présentateur du journal de 20 heures sur France 2, joliment illustré par Dominique Laronde.


Les auteurs présents de la Revue Rétro-Viseur

Pierre Vaast a eu la gentillesse de mettre la Grappe en contact avec quelques anciens compagnons de route qui ont contribué à la bonne marche de la revue et des éditions associatives du Nord Rétro-Viseur.
Ils mènent tous une carrière d’auteurs et leurs créations sont régulièrement récompensées par des prix littéraires. Difficile ici de transcrire leurs bibliographies riches et variées. Nous espérons une nouvelle rencontre qui fera la part belle à leurs talents multiples ; dans ce numéro, un aperçu de leur écriture.

Bernard DESMARETZ, décédé en 2006, professeur, collaborateur de nombreuses revues de poésie, critique, animateur de lectures-spectacles et d’ateliers d’écriture avec ses élèves (romans) et en milieu carcéral.
Colporteur d’enfance, Ed Airelles, 2007.

Marie DESMARETZ, son épouse, participe à des animations littéraires en divers lieux, se passionne pour les jardins, la photographie, la peinture et le dessin.
Mots et chemins, Ed Henry, 2012.

Hervé LESAGE, retraité prématuré de la fonction publique, se consacre désormais à la littérature par de nombreuses contributions dans les revues les plus diverses et la publication de poèmes, aphorismes, nouvelles.
Passage des humbles, poèmes, Ed Rétro-Viseur, 2005.

Pascale ROCHE enseigne les lettres classiques à Roubaix, passionnée de photographie.
Le veilleur de nuit, Ed Airelles, 2008.

Jean-Pierre NICOL, carrière et syndicalisme dans le secteur bancaire, maintenant colporteur de mots et d’images. A mené des ateliers d’écriture et de pratique poétique avec la population du bassin minier et des détenus, a été en résidence d’auteur en GB, Belgique, Irlande et le Nord.
Telle est l’île, poèmes, Ed Henry, 2014.

Daniel ABEL, ancien professeur de lettres et d’arts plastiques, poète, conférencier, propose lectures publiques et expositions d’art contemporain dans la région parisienne.
L’appel indien, prose poétique, Ed les Cahiers bleus, 2007.

Alain LEMOIGNE, ancien professeur de lettres et chroniqueur à la Bretagne à Paris, poète, romancier, préfacier, essayiste, récitant et conférencier.
Vers l’horizon, chansons ; musique et interprétation : Roger Lahaye.

Jean-Jacques NUEL, auteur de poèmes, aphorismes, nouvelles, récits, se consacre à l’écriture de textes courts et à sa maison d’édition lyonnaise le Pont du Change.
Portraits croisés, Ed le Pont du Change, 2015.

Pierre Vaast

À Brigitte…

Tu dis :
          Ne cherche pas à percer l’ambiguïté du crépuscule. De la page à ton corps, il y a tout l’empan de ma présence. Tu pétris tant d’opacité entre tes doigts. Tu as en toi la plainte incessante de l’innocence, toutes les mises à mort et l’enfance à fleur de lys.
          Depuis longtemps, tu as décelé l’impuissance des mots, et chaque phrase ajoutée à ton poème ne charrie en son âme que le piège d’une cicatrice.
          Quand la terre, trop harassée se dérobe, tu risques un éclat d’amour à la volée de l’aube.
          Moi, je suis débitrice d’émotions fécondes, et je sais seulement que quelque part, entre deux étoiles, nous appartenons à la même lumière.
  

Tu dis :
          Pourquoi décliner ton identité ? Relever tes empreintes ? Signer tes poèmes ? Penses-tu posséder la force d’inverser les saisons ? Les mots n’ont pas la grâce des mésanges ni la douceur des colombes.
          Laisse-moi te regarder. Ta vie sera toujours inachevée. Tu ne l’épuiseras pas, tu ne parviendras jamais à l’orée de ta faim. Ton ignorance sera toujours ce chant de sirène, cette fuite fragile et vaine, cette tentation troublante des livres à immoler.
          Ne regrette rien de la légèreté des sabliers. Invente la neige et l’étincelle de ton poème s’imprimera à l’horizon de mon sommeil.
  

Tu dis :
          Les Hommes s’étourdissent le corps pour mieux se protéger le cœur mais ils ne vont qu’à la nuit.
          Ils ont le dos voûté et le front las. Ils voyagent pour oublier leurs rides. Il y a tant de morts au fond de leurs pupilles. Ils n’ont jamais su déposer les armes pour sonder leur solitude. Leur soif de poésie est le signe même d’une trahison lointaine qu’ils ne parviennent pas à conjurer. Ils investissent l’inconnu, prennent possession des offrandes et naviguent au large de leur nostalgie.
          Ils s’inventent des ports et plantent d’insolites décors aux miroirs déformants. Quand ils auscultent leur visage, ils comptent leurs souvenirs.
          Un jour, leur corps échoue sur une plage : et les mouettes se rient de leurs folies.
  

Tu dis :
          Des poètes, peu importe celui qui va venir ; il suffit de savoir que l’un d’entre eux doit venir. Ils ont les mêmes soifs d’oiseau, de femme et de tendresse. Ils lisent la mémoire des arbres et le sang des herbes sauvages. Sur leurs parchemins d’insomnie s’enracine le lierre de leurs meurtrissures.
          Ils savent se taire pour ne pas entamer le partage des solitudes. Ce sont des porteurs de silences.
          Ils guettent dans la paume de la nuit le retour des hirondelles, ils ont l’espérance des étoiles où ils amarrent leur amitié et leur regard. Leur vie est à la ressemblance de leurs poèmes. Ils ont la gaîté simple des poignées de mains et le souffle vif des voleurs de feu. Ce sont des marcheurs d’éternité qui traînent parfois derrière eux de lourds paysages d’oubli.
          Comme toi, ils ont mal aux rêves des Hommes.
  

Tu dis :
          Il est un amour qui brûle l’amour des autres. Qui se met au service des momies dans l’immobilité des arrière-pensées. Qui forge le cercle infernal des servitudes.
          Il est un amour qui trompe le regard des passants. Pour quelle résurrection ? Pour quel avenir douteux ?
          Ne vis pas de cet amour. Ouvre la parole, étreins le monde, apprivoise les sourires : alors tu m’aimeras vraiment. Au bout de tes poèmes, tu trouveras la victoire d’une vendange et la chaleur d’une moisson.
          Car vois-tu, m’aimer, c’est sauvegarder cet habit de candeur dont tu vêts chaque être de rencontre. C’est rejoindre la marche du vent dans la griserie du grand large.
  

Tu dis :
          Nos enfants, ils oublient volontiers notre nom. La nuit, ils lancent de petits graviers de silence contre nos fenêtres. Ils se moquent de nos peurs, se jouent de nos angoisses sur la margelle des averses. Ils ont l’éternité de leur avenir dans la prunelle de leurs yeux.
          Ils s’éloignent de nos visages. Ils voyagent dans des contrées qui nous sont inaccessibles. Ils abordent des rivages qui nous sont interdits. Et nous racontent de très vieilles légendes tirées des océans et des temps indécis où ricochent les marées de l’hiver. Puis, ils remontent sur leurs joues la chaleur des songes et s’assoupissent entre deux images. Ils sont alors invincibles : l’obscurité ne tient pas sur leurs paupières.
          Nos enfants gardent jalousement le mystère de leur farandole avec la nuit.
  

Tu dis :
          Nous ignorons tout du désarroi. Entre toi et moi revient sans cesse la respiration lente d’un refrain qui a su briser la carapace des prières, déplomber la duperie des ombres. Ce qui importe, ce n’est pas tant de vivre pour nous que d’irriguer les silhouettes avec la passion d’une sève qui déferle.
          Regarde nos mains : libres, elles ont la nudité des funambules sur l’écume des vagues millénaires. Elles ont hissé la patience à la hauteur de nos espérances. Elles ont délesté l’horizon de nos poèmes incurables. Elles sont prêtes désormais à prendre le printemps en flagrant délit d’amour au creux des cerisiers en fleurs.
          L’erreur serait de croire que les nuages dérivent sans but.
  

Tu dis :
          Il est au cœur de chaque être une énigme : comme une musique, une coulée d’oppression suffocante, qu’attisent de violents orages.
          Il est au cœur de chaque être une sonate corrosive obsédante, une mélodie migratrice, au rythme syncopé, ciselée sur la portée inerte d’une argile pétrifiée.
          Il est au cœur de chaque être une échappée de souffrance, issue des ressacs lointains et solitaires, qui censure toute éclaircie.
          Seule la migration d’un sourire parvient parfois à briser les sortilèges.
  

Tu dis :
          Il est inutile de cristalliser l’instant dont la mémoire incrédule ne gardera nulle trace. Pour aimer, il faut nommer les êtres, engranger leur brisure, endosser le jour au risque des ronces.
          Grimpe tout en haut de ta folie, mène ton poème sur la voie lactée, arrête les comètes et redescends, l’âme apaisée. Laisse donc le ciel se charger de notre survie, laisse-le graver nos combats dans la transhumance des cendres, et nous prolongerons à l’infini notre transparence.
          Notre vie est une brèche qui se nourrit de l’inconnu.
  

Tu dis :
          …Non, ne dis plus rien. Je sais tout cela. Tu m’as appris la parole ponctuée d’une salve de vie, l’embellie des portes grandes ouvertes aux passagers de la nuit.
          Tu as moissonné tous les mots à magnifier, marié nos visages à l’ivresse des sources. Avec toi j’ai pacifié la peur, purifié les incendies, pardonné aux brises-larmes. Et j’ai reçu, en partage, la promesse des marées transgressées.
          Tu as distillé dans mon sang la semence des fleurs, marcotté sur mes mains la fascination des feuilles, tatoué dans ma tête l’allégresse des arbres et ranimé dans ma cage thoracique, la rage des racines.
          Tu m’as offert, à l’amorce du soir, tout le secret d’une naissance.