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Bleau en Poésie 2018

Rencontre et lectures

Voici la mosaïque de notre 13ème rencontre de Bleau en Poésie dans une clairière secrète
et ensoleillée du site de « La Canche aux Merciers ».
Cette rencontre « Poétique » a rassemblé de multiples « Ardeurs » avec notamment des poèmes lus à deux voix en français/arabe et français /suédois, sans oublier de rendre hommage à #Metoo.. !!!

Lisons, écrivons, vivons en poésie
fuyons les esprits douaniers… !
Telle est notre ardente devise !

Oui lire, écrire, vivre en poésie, c’est notre devise !

Pourquoi ?
Si on ne lit pas on s’enlise
Si on n’écrit pas notre mémoire s’ratatine
Si on ne vit pas en poésie notre cerveau finira artichaut

Et pour finir en beauté :
Une superbe vidéo de 13″ sur la fameuse grimpeuse Stéphanie Bodet dont Franck
nous a lu un texte :

et l’émission de France-Culture sur son livre : A la Verticale de soi

Bienvenue à Bleau en Poésie 2017 !

À toutes et à tous…
Bienvenue à Bleau en Poésie !

Et tout de suite nos félicitations, oui nos félicitations les plus sincères pour avoir atteint, sans vous perdre, amis présents, amis fidèles cette clairière tenue secrète jusqu’au denier moment… !
Encore bravo pour votre courage, votre ténacité, votre bravitude  ! En effet si vous êtes là parmi nous, c’est que ce RdV vous importe, vous transporte et oui jusqu’à nous pour ce 13ème rendez-vous à Bleau !

Et nous, pauvres, simples, très simples instigateurs de cette rencontre nous sommes là devant vous – nus et sans défense – perpétuant désormais avec vous ce rituel annuel
pour :
– Partager nos émotions printanières !
– Ouvrir ensemble la canopée de la poésie !…

avec :
– Ces blocs de grès pour témoins
– Ces sentiers de sable étincelant
– Ces landes de bruyère frémissante
… et le vent frais du matin qui souffle au sommet des grands pins !

Toutefois il ne faut pas croire que cette secrète clairière symbolise un rendez-vous de secte suspecte … Non ! notre rendez-vous n’est pas élitiste !
Non ! Bleau en Poésie n’est pas réservé aux versificateurs qui passent à vue du 8b+
pas plus d’ailleurs qu’aux rimailleurs du dimanche…
Affirmons le haut et fort car… il plane « grave » dans les réseaux sociaux un doute persistant, une ombre malfaisante :
Choisir le 22 avril la veille d’une élection présidentielle n’est-ce pas booster l’abstention ? Nourrir l’indifférence ? « Désespérer » Billancourt en quelque sorte ?
Et plus encore en proposant les Afriques pour thème n’est-ce pas ourdir une provocation funeste?

Et bien non ! Nous avons fait le pari que seule la poésie peut nous rassembler, reconnecter notre espèce en pièces… reboiser l’âme humaine …
nous mobiliser encore et toujours, avec la voix, les mots, les sons, les corps…

Oui nous voulons clamer nos poèmes !
Oui nous voulons nous joindre aux palabres Africaines !
Pour ce 13ème rendez-vous à Bleau en Poésie
Rien n’est trop Bleau, nous voulons dire rien n’est trop Beau ! Oui trop Beau !

Soyons dignes de nos ancêtres et de leurs gravures rupestres
Randonneurs, arpenteurs, grimpeurs, escaladeurs : tous unis ! Oui unis !
Et soyons dignes de nos rêves… !

Je déclare la séance ouverte !!!

NOIR ET BLANC

de Jean-Pierre Tanguy

J’aime pas le blanc
Le blanc à fric
Pilleur brutal
J’aime pas le noir non plus
Le noir corrompu
Dictateur fatal
Dilapidant l’Afrique
Ce continent sauvage
Qu’ils se partagent
Sans ambages
Cimetière des éléphants
Dans peu de temps.

Du rythme tribal
Et d’esclave descendu
Le jazz s’est répandu
Militant musical
Contre la haine raciale
Mais chez nous aussi, sans raison
L’Africain est certain
Qu’on le discrimine
Sans façon
Et peut-être pire demain.

Pourtant au fond des mines
Assommoir sans espoir
Dans la moiteur de dangereux et ténébreux boyaux
Sous le joug capital de puissants maîtres
Toutes les gueules sont noires
Même les blanches de peau
Et nôtre lointain
Universel ancêtre
Est Africain.

Petites nouvelles du front qui plisse mais ne rompt pas

Andreï Balandine, graphiste, peintre, né en 1968 à Ekaterinbourg dans l’Oural en Russie, a suivi les cours de l’école supérieure des Beaux Arts, a présenté différentes expositions en Russie, notamment à Moscou.
Invité en France en 1991 dans le cadre du Festival du Verbe et de la Création au Mée-sur-Seine (77350), il a rencontré Théophile. Ils ont commis à deux un livre : Petites nouvelles du front qui plisse mais ne rompt pas (textes de Théophile, dessins d’Andreï Balandine).Cette œuvre  sera éditée par le CRAC.
Théophile, (né en RDA pendant la deuxième guerre mondiale, sa mère ukrainienne était internée par les allemands dans un camp de travail russe où elle a rencontré son père réfugié espagnol déporté par les français), était considéré comme le chansonnier freak de l’amer et du marginalisme. Il avait obtenu le prix de l’humour noir.
Petites nouvelles du front qui plisse mais ne rompt pas, CRAC éditeur – Centre de Recherche Culturelle et Artistique – 4 Seauve, 23700 Arfeuille Châtain. Chèque de 20 € à l’ordre du CRAC.

Proverbe russe : C’est en fonctionnant qu’on devient fonctionnaire. C’est en militant qu’on devient militaire et c’est en résistant qu’on finit ver de terre

La bonne parole du Curé MESLIER

Monologue théâtral de Jean-François Jacobs
Edition ADEN, 70 p, Bruxelles 2016, 10 €
.

Un curé athée philosophe
et révolutionnaire au 17ème siècle !

Voici un délicieux petit livre qui nous rapproche du fameux Curé d’Étrépigny,
un petit village des Ardennes de 400 paroissiens, près de Charleville, qui n’est certes pas le plus beau village de France, mais toutefois considéré comme : “le berceau de l’athéisme de France” grâce à son valeureux curé …

Intrigant n’est-ce-pas ce bizarre personnage glorieusement inconnu au bataillon des hommes célèbres du … 17ème siècle !
Eh oui le bonhomme est bien né le 15 juin 1664 au cœur des Ardennes. A quelques kilomètres du village d’Étrépigny où il mourra à l’âge de 65 ans après avoir officié pendant quarante années dans sa paroisse. Pas mal non ?

Mais comment croire qu’un petit curé de Champagne si longtemps enraciné dans sa cure campagnarde soit désormais considéré comme un « prophète de la révolution » (A. Soboul 1971) ou comme un « communiste athée de presbytère » (J.P. Deschepper 1971) en raison de son testament rédigé en secret et resté soigneusement oublié ?

Curé Janus ?

Est-il possible d’avoir une telle double vie ? Ce qui nous ébahit aujourd’hui !
Comment faisait-il pour officier le jour et, la nuit, laisser cours à son athéisme radical, son anticléricalisme militant ? Et finalement laisser à la postérité un Mémoire, et quel mémoire :
Un monstre de plus de milles pages manuscrites à la plume d’oie (…) une bombe philosophique d’après notre grand philosophe contemporain : Michel Onfray dans sa Contre-Histoire de la philosophie parue en 2008.
Donc un vrai et grand mystère qui passionne toujours plus chercheurs et curieux de l’histoire des idées…!

Bien entendu ni vous ni moi n’imaginons aujourd’hui pouvoir « brûler sur un bûcher » si on s’affiche athée, mais du temps de Jean Meslier l’affaire était brûlante si j’ose dire. Un athée a bien été brûlé à Reims dans son archevêché à cette période, et plus tard en 1766 le Chevalier de la Barre a été supplicié et brûlé pour bien moins que cela précise Serge Deruette professeur d’Histoire des idées en Belgique dans la préface de La bonne parole du Curé MESLIER.

En fait le monologue théâtral de J.F. Jacobs propose une mise en scène en 3 actes (12 scènes) lors de sa création au Théâtre-Poème de Bruxelles en mars 2016, et d’autre part sa préface par Serge Deruette donne un condensé habile du copieux Mémoire du curé dont la lecture est longuette il faut bien l’avouer.

Révolutionnaire avant 1789 et 1917 ?

La saga du fameux Mémoire est aussi incroyable et savoureuse que celle de son auteur si longtemps méconnu. En effet il a failli disparaître totalement de la circulation. Trois des quatre manuscrits conservés à la BNF ont d’abord voyagé clandestinement avant d’être authentifiés.
On doit d’abord à Voltaire la connaissance d’un abrégé du mémoire en 1762, qui l’ampute carrément et le trahit en écartant prudemment les passages montrant la pensée matérialiste et athée du curé d’Étrépigny, le présentant même comme un déiste suppliant Dieu ! Eh oui Voltaire s’est mouillé avec l’affaire du Chevalier de la Barre, mais il y a parfois des limites…

La saga du mémoire

Le Mémoire disparaît alors pendant un siècle (!) et réapparaît grâce à un hollandais dans une édition complète en 1864. Nouvelle éclipse du Mémoire avant sa traduction intégrale en russe en 1924 qui est à l’origine, tenez-vous bien car vous ne voudrez pas me croire : de l’inscription de Meslier en 1919, par les bolcheviques, en 7ème place sur L’obélisque des penseurs socialistes à Moscou dans le jardin Alexandrovski… !
Ah si DADA ou les surréaliste avaient été tenus informés à cette époque ! Vous imaginez les poèmes fulgurants à la gloire du singulier curé !

Obélisque des penseurs socialistes où figure Meslier en 7e place, dans le jardin Alexandrovski, à Moscou.

Pendant ce temps là en France, il faudra attendre l’ouvrage capital de Maurice Dommanget, en 1965, au titre évocateur :
Le curé Meslier, athée, communiste et révolutionnaire sous Louis XIV
et préfacé par Marc Blondel libre-penseur.
J’ai lu l’ouvrage en bibliothèque, passionnant mais trop copieux. Le Mémoire est désormais disponible en ligne (merci internet).

Un cureton qui ne manque pas de sel !

Avouons la grande séduction qu’exerce ce petit curé de campagne qui, à plus de trois siècles d’écart, fait ressentir dans son Mémoire par ses mots et sa plume d’oie le poids formidable, terrible, écrasant, de l’absolutisme politique et religieux de son temps.
Son testament qui rime avec bombe à retardement vient donc éclater jusqu’à nous. Et presque tout le monde de nos jours y trouve un improbable ancêtre de nos espoirs socio-politiques plus ou moins en berne.

Pour certains le curé n’y va pas avec le dos de la cuillère en écrivant :
Que tous les Grands de la terre et que tous les nobles fussent pendus avec les boyaux des prêtres ! une formule hardie qui inspirera des candidats à la politique du 20ème ou 21ème siècle !
D’autres voient encore dans le Curé Meslier un des fondateurs de la modernité radicale, tandis que d’aucuns ne voient qu’un utopiste traditionnel qui relève du communisme agraire et de l’égalitarisme paysan. Soit plus un prophète de la révolution qu’un pur révolutionnaire (A. Soboul 1971).

De nos jours, le PCF des Ardennes présente à la « Fête de l’Huma » une exposition sur le curé communiste et révolutionnaire, et dans « Le Monde Libertaire » beaucoup trouvent que des curés comme Meslier, “ ça mérite le détour “.
Ou bien : “Le radicalisme de Meslier annonce avec pas mal de longueurs d’avance les discours anarchistes sur la liberté, la propriété, l’action révolutionnaire… et l’internationalisme. «Unissez-vous donc, peuples !», lance Meslier d’outre-tombe. Venant d’un cureton, ça ne manque pas de sel ”.

Jean Meslier curé qui défend ses ouailles contre le hobereau local ? Révolté ? Indigné ? Athée utopiste ? Penseur socialiste ? Communiste ? Révolutionnaire ? Prophète ?
Lequel préférez-vous ?
Avant de vous décider allez rendre visite à son village, et empruntez en 2017 lors de son 353ème anniversaire, le « Chemin du curé Meslier » qui relie Étrepigny à Balaives : 5 kilomètres entre sources et collines boisées…
Vous ne serez pas loin de Boulzicourt où est né le poète du « Grand Jeu» René Daumal, et vous pourrez même apercevoir le petit village de Boutancourt où passe la «Route Rimbaud Verlaine».
Je vous le dis : Étrépigny, berceau de l’athéisme et de la poésie… !

Lecture à la médiathèque l’ARCATURE

Sous l’égide du poète belge Werner Lambersy, La GRAPPE avait ouvert grandes
les portes et fenêtres de la médiathèque l’ARCATURE à Vaux-le-Pénil :

Si on ne peut pas donner rendez-vous au vent
on peut toujours laisser la fenêtre ouverte… !

Devant une mini foule d’ami(e)s et de passionné(e)s La Grappe
n’a pas lâché sa promesse de lectures à quatre voix,
dont l’audacieuse voix de Léa Jourdain comédienne.
Des lectures suivis de rencontres et autres agapes gustatives…
On reviendra c’est promis !

Les 4 lecteurs de La Grappe

Léa Jourdain – comédienne
Dominique Laronde
Colette Millet
Jean-Jacques Guéant

Lecture publique, vendredi 18 novembre

Vous êtes invités à 19H à venir assister à une lecture des textes et extraits de textes des dossiers : Partir, le goût.

Jean-Jacques Guéant, Colette Millet, Dominique Laronde, lecteurs de La Grappe seront heureux de partager ces textes avec la comédienne Léa JOURDAIN à l’ARCATURE la Bibliothèque Municipale de Vaux le Pénil (77) : 1, rue Charles Jean Brillard

Lecture publique titrée : «  Ne lâchez-pas La Grappe ! » le vendredi 18 novembre à l’ARCATURE, de Vaux le Pénil. Venez nous rejoindre !
Lecture publique titrée : «  Ne lâchez-pas La Grappe ! »

Salon du livre, samedi 19 novembre

Samedi 19 novembre 2016, de 10H à 18H, au Salon du livre du Mée-sur-Seine Le Mas, La Revue La Grappe présentera :

  • ses numéros spéciaux
  • sa dernière parution La Grappe N°92
  • ses textes d’auteurs autour du dossier: le goût

Et bien d’autres textes et illustrations…

Vente de Marques-pages de Dominique Laronde
Venez nous rendre visite en famille et avec vos amis !!!

Hommage à Yves Bonnefoy

Hommage à Yves Bonnefoy décédé le 1er Juillet 2016

Yves Bonnefoy
Yves Bonnefoy

Nous avions enregistré une lecture-rencontre d’Yves Bonnefoy
avec Marc Blanchet au printemps 2011 dans le jardin du Musée départemental Stéphane Mallarmé à Vulaines en Seine (77870).

Dans le jardin en fleurs du Musée Mallarmé une cinquantaine de personnes ont pris place sous un vélum blanc où les chaises numérotées s’alignent autour d’un petit podium. Cinquante curieux passionnés et attentifs. Il fait beau, la température est propice.
L’introduction de Marc Blanchet est amicale et documentée pour célébrer la rencontre d’Yves Bonnefoy – 88 ans – sur les lieux où vécut le Prince des Poètes il y a un peu plus d’un siècle.
La sono (très) défaillante, capricieuse, ajoutera une tension d’écoute aussi exigeante qu’imprévue, et le vent printanier fera le reste : la voix profonde, caverneuse d’Yves Bonnefoy s’élèvera et flottera, évanescente avec le parfum suave des roses alentours.

Marc Blanchet introduit l’après-midi en évoquant l’exposition en cours du musée : Femmes de Mallarmé, qui présente divers objets reliés aux figures féminines qui ont accompagné le poète : éventails, dessins, gravures…etc.

La suite est dans Lecture-rencontre avec Yves Bonnefoy

En hommage au poète Yves Bonnefoy, décédé le 1er juillet 2016, voici une lecture qu’il réalisa, en 2002, pour un disque édité par Gaster Oprod / ERE Prod.
Désigné par le poète comme un apologue, « Les planches courbes » est issu du recueil éponyme qu’il publia, en 2001, aux éditions du Mercure de France :

Café-littéraire au Sénart Café (Cesson)

couverture "La Grappe N°89"
Lecture de la Grappe N°89

Vendredi 27 mars 2015, les auteurs-lecteurs de La Grappe rencontraient le public de l’Association Un livre, Une commune de Cesson (77) réuni pour, en première partie de la soirée la présentation du roman d’Olivier Delahaye « Le ventre lisse » (Ed. Héloïse d’Ormesson) en présence de l’auteur, puis une lecture d’extraits de textes du numéro 89 de La Grappe. Chaque année, cette association dont la vocation est de recevoir les auteurs de premiers romans, et de primer l’un d’entre eux, accueille la revue La Grappe pour une lecture poétique à plusieurs voix. Merci à eux pour ce partenariat amical.

En bas de g.à d. : Dominique Laronde, Colette Millet, Brigitte Daillant, Sandra Sozuan, Jean-Jacques Guéant. Montage photos : Catherine Guéant
En bas de g.à d. : Dominique Laronde, Colette Millet, Brigitte Daillant, Sandra Sozuan, Jean-Jacques Guéant.
Montage photos : Catherine Guéant

En revenant de l’expo

par Daniel Abel

« L’opéra fabuleux » de Jean de Maximy

Récemment à Samois, les 18 et 19 octobre 2008, un public nombreux a pu admirer une œuvre étonnante de Jean de Maximy, résultat de trente ans de travail, composée de plus de 120 panneaux, réalisée au marqueur noir à pointe fine. On pense à Rimbaud, à cet « opéra fabuleux » prôné par le poète.

Une symphonie prend naissance, se déploie, embrasse l’univers, participe des éléments, de l’air, de la terre, de l’eau, des arbres, aussi le feu avec l’évocation de l’implosion primitive, du bing bang, comme une énorme efflorescence, toujours en devenir.

Avec cette SUITE de dessins de plus de 80 mètres dans lesquels le fantastique se greffe au réel, nous entreprenons un fabuleux voyage, portés par le souffle créateur, vers un ailleurs de magie, les tableaux succédant aux tableaux, la magistrale évocation jamais ne s’inter-rompt, les séquences, s’enchaînent, dans une continuité parfaite.

La grotte, la caverne, le creux, la cavité… le paysage peut être en suspension, avec rupture de perspective, une autre réalité se superpose, un espace, un temps différents… Jean fait de l’arbre un veilleur, le dialogue se passe en silence, le regard est invité à s’aven-turer par un long périple intérieur, une mémoire d’avant naissance.
L’imaginaire s’emplit du grandiose, l’artiste «  tend des fils » d’étoile à étoile, incite à découvrir au-delà des apparences… Il élabore une architecture subtile, toute en résonances, avec des émergences, des ajours, des cônes, des labyrinthes. Une cité : celle des dieux, des hommes ?

Le paysage est hanté, sublimé, on participe de son élégance, sa fierté, sa force, sa respiration. On est confronté au grand mystère de la Création, de la Genèse, du Destin.
Des sphères, de quelle origine, quelle est leur véritable essence ? Avancée, dans l’atmosphère du rêve, sous une voûte perpétuellement changeante qui joue le rôle d’écran… Volutes, escaliers spiralés, arches, aqueducs, pont à travers le vide, des antennes interrogent le lointain, cherchant à capter une lumière sans frontières.

Jean de Maximy célèbre le grandiose, les lignes s’incurvent, hardiment se chevauchent, se conjuguent, se prolongent d’un panneau à un autre… A une parcelle de réel, passionnément étudiée jusqu’au moindre détail succède une vision d’envergure, une ouverture sur une démesure.

Le souffle, toujours maintenu, accompagne l’ampleur de l’inspiration, l’épopée sidérale, le réalisme fantastique… On pense au sort de l’homme, minuté, dans un univers en expansion, qui s’assombrit, se régénère. Jean s’est représenté, – à la fin, au seuil de l’aventure ? – face à un ajour de lumière, non pas de pureté immatérielle mais marquée d’un paysage qui lui est familier.

Exposée en lumière noire l’œuvre gagne une autre dimension, s’intègre aux sortilèges de la nuit, puise en cette dernière une féerie qui la rend sublime allée de nocturne marquée de signes sidéraux, d’empreintes de comètes, d’étoiles filantes…
Une fresque de toute beauté, une épopée graphique, un long ruban, sous nos yeux déroulé, de jour, de crépuscule, d’aurore… Le frisson est légende.

Un univers fabuleux de plus de 80 mètres, circonvolutions, orbes, ascendances, élans…
De l’issue revenir à l’origine interroger les traces, se laisser prendre au dépaysement, de l’au-delà de la vie, de l’invisible, de la radieuse renaissance, les cieux s’éclairent ils ne sont plus déchirure.
Une œuvre unique, de grandeur, de réalisme fantastique, exaltant – de quelle façon – notre quotidien autant que notre imaginaire.