Notes de lecture par Gérard Paris

Romain Verger, Grande Ourse

Editions Quidam

Venu d’un ailleurs paléolithique, Arcas, seul survivant de son clan , isolé parmi les glaces, se nourrit rapidement en suçant le bois et la pierre. Alors commence une errance blanche qui le conduira à la découverte des cadavres des membres de son clan puis à la fornication avec l’Ourse. Arcas traverse, au-delà de ce coït, le temps gelé.
Comme en écho, le récit de Mâchefer, employé à la Galerie d’anatomie du Jardin des Plantes : il garde le corps fossile ; il partage un pavillon avec une vieille folle Ana et a des relations amorales avec Mia qui accouche d’un garçon et l’abandonne là (et Mâchefer n’en est pas le père). Mâchefer, de par son alimentation très faible, finit par s’identifier aux fossiles qu’il garde.
Arcas et Mâchefer n’ont-ils pas en commun d’avoir conservé la mémoire des peurs ancestrales ?
Le poème de la création circulait en lui, en un flux continu de noms tirés par un puissant chariot. Et à chaque nom proféré, à chaque signe de la main, c’était un être qui brisait son armature de fer.

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